Archive for the ‘pleaseletmedesign’ Category
Dialogic Park 1
Wednesday, June 10th, 2009
ESPÈCES D’ARCHITECTE
Dialogic Park I
Exposition transdisciplinaire d’architectes, artistes, designers et graphistes
Sam. 20.06.2009 — Sam. 25.07.2009
vernissage le Sam. 20.06.2009 à partir de 14h
BÉTONSALON
Centre d’art et de recherche
9, Esplanade Pierre Vidal-Naquet
(rez-de-chaussée de la Halle
aux Farines) – F-75013 Paris
Métro Bibliothèque François Mitterrand
www.betonsalon.net
Dialogic Park I est le dernier volet de la saison Espèces d’Architecte organisée par Wallonie-Bruxelles International et la Communauté française Wallonie-Bruxelles. L’exposition rassemble une vingtaine de créateurs belges – architectes, artistes, graphistes et designers. Plutôt que de présenter un panorama de leurs réalisations respectives, Dialogic Park I les associe autour de processus de création collaboratifs in situ et rend compte des dialogues noués au sein de quatre entités distinctes. Chacune d’entre elle réalisera un dispositif artistique dans l’espace de Bétonsalon situé dans le nouveau périmètre urbain Masséna, Paris Rive Gauche.
DIALOGIC
« Le terme de dialogique (forgé par Edgar Morin) signifie que deux ou plusieurs logiques, deux principes sont unis sans que la dualité se perde ou s’évanouisse dans cette unité. (…). La dialogique repose justement sur la coopération, dans un même système, de logiques différentes, voire opposées. Ce qui ne veut pas dire que la dialogique gomme toutes les différences et les distinctions qui permettent de spécifier l’identité de chaque entité, de chaque être, de chaque système concerné. Elle aide à comprendre que la différence n’est pas diamétralement opposée à l’unité. » Le concept d’unité complexe est au cœur du processus mis en place pour cette exposition. Rendre compte d’une diversité, permettre les antagonismes sans les absorber dans une dialectique rationaliste et s’approprier la complexité du réel pour mieux approcher les glissements de pensée qui s’imposent et qu’impose l’époque.
PARK
La pensée est un jeu sur lequel les glissements sont, en effet possibles, l’art en est un autre. En résonance, le quartier « Paris Rive Gauche », où est situé Bétonsalon, n’est rien d’autre qu’une vaste cour de récréation offerte aux starchitectes français du moment. Les dialogues croisés entre disciplines sont jubilatoires mais aussi posés sur la dalle du réel. Ce qui rend possible ces associations est la valeur culturelle ambitionnée par une nouvelle génération de créateurs. Bien loin de penser leurs interventions comme des objets célibataires et souvent orphelins, ils en questionnent les implications et ramifications spatiales en termes performatifs autant sociaux que culturels. Ces actions transformatives seront au cœur de l’exposition Dialogic Park I.
ONE
Tout processus n’en est un que s’il est reproductible. Il ne s’érige pas pour autant en modèle. Nous proposons le « One » comme une incitation à poursuivre le dialogue, à l’activer dans des cas concrets de réalisations architecturales comme dans de nouvelles plateformes collaboratives expérimentales.
V+/SIMONA DENICOLAI & IVO PROVOOST/SYLVIE EYBERG/DIANE STEVERLINCK/PIERRE HUYGHEBAERT
VAGUEMENT DÉPLACER UN ARBRE
« Vaguement déplacer un arbre » est un projet de sculpture publique : déplacer de moins d’un mètre un des magnolias en face de « Bétonsalon », sur l’esplanade des Grands Moulins – 13e arrondissement. Dans les années à venir, laisser grandir l’arbre déplacé à sa nouvelle place. Un cahier des charges élaboré diaboliquement atteste de la faisabilité et de la fiabilité de l’opération. Hier, nous avons reçu la confirmation du refus des autorités compétentes. Rendez-vous au vernissage !
JEAN-DIDIER BERGILEZ/NFA (NICOLAS FIRKET ARCHITECTS)/BENOÎT PLATÉUS/ATELIER BLINK/BOY VEREECKEN/HARRISSON
ÉLÉMENTS PÉRIODIQUES DE MÉTHODE
Cristallisation d’une forme d’errance anti-méthodique et pluri-arbitraire, le tableau ici produit emprunte pourtant à la science un type de représentation qui tend à la vérité universelle. Système de questionnement des systèmes, cette mosaïque de blocs-notes figure autant de mots-clés représentatifs de nos disciplines (ir)respectives, dissimulant un échantillonnage de mémoires sémantiques de
chacun des six protagonistes. La valeur « périodique » du tableau est autant le fruit de l’aspect « instantané » de cet assemblage que de sa décomposition par l’effeuillage sélectif de l’audience, recomposant sa propre dialogie.
BAUKUNST–ADRIEN VERSCHUERE/MARCEL BERLANGER/CHEVALIER-MASSON/SALUTPUBLIC
CAPRICCIORAMA
Le jeu du croisement de disciplines a imposé le « capriccio » comme une évidence partageable. Le capriccio, en vogue au XVIIIe siècle, pose de manière aiguë une vision utopique d’une idéalité urbaine qui n’est pas sans rappeler le quartier Masséna Rive Gauche où, à l’inverse, Bruxelles dans ses excès. Un capriccio élaboré à partir de nos pratiques respectives s’étend en un écran panorama. Il sépare l’espace en deux et cristallise les notions de décor, d’artifice et de trame, prolongé par un Lyre Martin, spot mobile programmé, qui alternera les points de vue à travers l’installation.
ANORAK/XAVIER MARY/BIG-GAME/PLEASELETMEDESIGN
A-CROSS
Proposée à l’échelle de la galerie et de la ville, l’intervention s’inscrit dans une tension affirmée entre abstraction et narration, dans l’idée d’un détournement introspectif et doucement autodérisoire. Les quatre disciplines convoquées – architecture, art plastique, design et graphisme – sont ici interrogées dans leur substance et leur registre d’application par le biais d’un vocabulaire de base commun – figure choisie plutôt qu’inventée – neutre, générique et abstrait : une croix blanche de 588 cm d’envergure. Celle-ci est déclinée à quatre reprises, évoquant par-là des situations archétypales et ponctuant l’espace de la galerie autant que son dehors.
Interview
Wednesday, January 28th, 2009
Here a little interview for Art & Architecture, where we talk about things with our friend / former teacher, Renaud Huberlant. It’s in french.
On a rien à dire mais tout à faire…
Pierre Smeets et Damien Aresta sont deux jeunes graphistes aux talents reconnus par de nombreuses publications internationales, une exposition à la Galerie My Monkey à Nancy et même un prix du “plus beau livre” à Paris. A leur sortie de l’Erg ils fondent “Please let me design” qui s’imposera rapidement comme un des studios les plus récréatifs du moment et même de leur génération. Entretien…
Levons d’emblée un paradoxe. On vous présente comme anciens étudiants dans ces pages alors que vous n’êtes passés que quelques mois à l’Erg après avoir été diplômés de Saint-Luc Liège. Pourtant vous vous réclamez ouvertement de l’Erg.
Si on a appris tout ce que l’on devait apprendre d’un point de vue technique et professionnel à Saint-Luc Liège on ressentait comme un manque pour nous lancer. L’Erg a été un formidable déclencheur. Vous nous avez ouvert un champ de connaissances contemporaines dont on ignorait tout. Et pas seulement en graphisme. D’envisager toutes les créations et donc toutes les disciplines dans leur pratiques prospectives a provoqué un déclic et comblé le manque qu’on ressentait.
Vos liens avec l’Erg restent très étroits, cet été vous n’avez pas hésité une seule seconde quand je vous ai sollicité pour animer le workshop qui lançait la création du cours de Médiation graphique.
Les valeurs d’échanges sont primordiales pour nous. A l’idée d’échanger avec un groupe d’étudiants forcément hyper motivés pour venir à l’école en plein mois d’août nous emballait. L’énergie créative en collaboration, c’est ce qu’on recherche en permanence. Ces moments denses et intenses on sait à quel point ils sont déterminants quand on est étudiant. Et puis l’idée de rendre ce qui nous avait été donné à l’Erg ne nous déplaisait pas non plus.
A votre sortie de l’Erg vous avez créé le studio Pleaseletmedesign. Comment avez-vous choisi ce nom ?
C’est toujours difficile de trouver un nom pour soi-même. On tournait un peu en rond autour de noms, de phrases qui comportaient le mot Design puis on s’est souvenu du portfolio que Damien avait réalisé en dernière année à Saint-Luc et qui portait justement ce titre, Please let me design. On l’écrit aussi PLMD et quand on a vu que la première lettre vaut pour Pierre et la dernière pour Damien on l’a adopté définitivement.
Curieusement, ce nom a paru assez agressif à certains qui le lisaient comme : “laissez-nous faire notre truc à nous” mais c’est tout le contraire. Pour nous ce serait plutôt : “laissez-nous participer”.
Vos créations sont surtout reconnues pour être ludiques et inventives, surtout sur le plan de la production. Certaines demandent des journées entières à coller des stickers ou à glisser des goodies… Vous réalisez souvent vos projets à la main ou des choses que les gens vont toucher.
Oui, on n’hésite pas à payer de notre personne sans quoi, d’ailleurs, nos productions seraient impayables. Notre ressort est toujours du côté du plaisir. Le plaisir qu’on a à imaginer et à produire ce qu’on fait n’a de sens que si c’est partageable. D’autant que les questions de style ne nous préoccupent pas beaucoup. Ce sont plus les façons de faire décalées qui nous intéressent. On recherche une complicité avec le public et donc une certaine chaleur. La tactilité y participe pour beaucoup et on y est spontanément très attentif. C’est comme pour l’humour, on nous répète souvent que ce qu’on fait est drôle mais en réalité c’est notre nature. On a naturellement tendance à produire des blagues visuelles. L’humour aussi, ce n’est drôle que si ça se partage.
On connaît surtout vos réalisations pour la scène musicale belge, des groupes comme Soldout ou le label JauneOrange. Sont-ils simplement des clients ou êtes-vous plus impliqués dans ce milieu ?
C’est surtout Damien qui en est littéralement issu puisqu’il faisait partie intégrante du collectif de musiciens JauneOrange. Aujourd’hui le temps manque pour encore jouer de tous les instruments comme au temps où nous étions étudiants mais on évolue. JauneOrange devient progressivement un label. Et pour Soldout il faut se souvenir que Charlotte, la chanteuse, était aussi étudiante à l’Erg. C’est donc un univers qui nous passionne et puis une pochette reste un des supports les plus intéressant à explorer pour des graphistes.
Ces derniers temps vous réalisez de plus en plus de mise en pages pour un magazine comme “The Word” ou des livres dont un a déjà été distingué au premier concours “les plus beaux livres français”. Pas mal pour des Belges.
On n’est pas à un paradoxe près. Il suffisait d’un ancrage en France au livre pour qu’il soit accepté et il s’agissait du catalogue d’une exposition d’architecture belge au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Ce catalogue est un peu particulier puisqu’il ne se présente pas comme tel, la collection n’en était pas vraiment une et l’expo non plus d’ailleurs. On a travaillé sur ces contradictions apparentes. Au-delà de sa répartition en 3 parties, le corps du livre repose sur une photographie générique qui en constitue le sommaire visuel. Puis, c’est une suite de reprises photographiques de cette première photo qui ponctue la présence de chaque bureau d’architectes.
Comme beaucoup de graphistes on rêvait de faire notre propre magazine. La collaboration au magazine “The Word” dont on assure la direction artistique de manière collective nous permet d’en comprendre toute la complexité. C’est très stimulant de pouvoir apporter des idées de contenus ou de collaborations artistiques. Cet aspect multi-facettes nous correspond bien. C’est un prolongement de notre présence sur les réseaux sociaux d’internet sur lesquels on est très actifs et où on diffuse nos travaux plus personnels.
Comment envisagez-vous votre avenir ? Rêvez-vous d’une commande particulière ?
On ne prends pas le temps de se poser ces questions, on prend les choses comme elles viennent. Comme on le disait, ce qui nous intéresse ce sont les rencontres et les échanges. Et, en ce qui nous concerne, nous ne les sollicitons pas, elles se font, comme notre travail, très spontanément. On poursuit notre recherche de plaisir partagé… please, let me design.