Interview
Here a little interview for Art & Architecture, where we talk about things with our friend / former teacher, Renaud Huberlant. It’s in french.
On a rien à dire mais tout à faire…
Pierre Smeets et Damien Aresta sont deux jeunes graphistes aux talents reconnus par de nombreuses publications internationales, une exposition à la Galerie My Monkey à Nancy et même un prix du “plus beau livre” à Paris. A leur sortie de l’Erg ils fondent “Please let me design” qui s’imposera rapidement comme un des studios les plus récréatifs du moment et même de leur génération. Entretien…
Levons d’emblée un paradoxe. On vous présente comme anciens étudiants dans ces pages alors que vous n’êtes passés que quelques mois à l’Erg après avoir été diplômés de Saint-Luc Liège. Pourtant vous vous réclamez ouvertement de l’Erg.
Si on a appris tout ce que l’on devait apprendre d’un point de vue technique et professionnel à Saint-Luc Liège on ressentait comme un manque pour nous lancer. L’Erg a été un formidable déclencheur. Vous nous avez ouvert un champ de connaissances contemporaines dont on ignorait tout. Et pas seulement en graphisme. D’envisager toutes les créations et donc toutes les disciplines dans leur pratiques prospectives a provoqué un déclic et comblé le manque qu’on ressentait.
Vos liens avec l’Erg restent très étroits, cet été vous n’avez pas hésité une seule seconde quand je vous ai sollicité pour animer le workshop qui lançait la création du cours de Médiation graphique.
Les valeurs d’échanges sont primordiales pour nous. A l’idée d’échanger avec un groupe d’étudiants forcément hyper motivés pour venir à l’école en plein mois d’août nous emballait. L’énergie créative en collaboration, c’est ce qu’on recherche en permanence. Ces moments denses et intenses on sait à quel point ils sont déterminants quand on est étudiant. Et puis l’idée de rendre ce qui nous avait été donné à l’Erg ne nous déplaisait pas non plus.
A votre sortie de l’Erg vous avez créé le studio Pleaseletmedesign. Comment avez-vous choisi ce nom ?
C’est toujours difficile de trouver un nom pour soi-même. On tournait un peu en rond autour de noms, de phrases qui comportaient le mot Design puis on s’est souvenu du portfolio que Damien avait réalisé en dernière année à Saint-Luc et qui portait justement ce titre, Please let me design. On l’écrit aussi PLMD et quand on a vu que la première lettre vaut pour Pierre et la dernière pour Damien on l’a adopté définitivement.
Curieusement, ce nom a paru assez agressif à certains qui le lisaient comme : “laissez-nous faire notre truc à nous” mais c’est tout le contraire. Pour nous ce serait plutôt : “laissez-nous participer”.
Vos créations sont surtout reconnues pour être ludiques et inventives, surtout sur le plan de la production. Certaines demandent des journées entières à coller des stickers ou à glisser des goodies… Vous réalisez souvent vos projets à la main ou des choses que les gens vont toucher.
Oui, on n’hésite pas à payer de notre personne sans quoi, d’ailleurs, nos productions seraient impayables. Notre ressort est toujours du côté du plaisir. Le plaisir qu’on a à imaginer et à produire ce qu’on fait n’a de sens que si c’est partageable. D’autant que les questions de style ne nous préoccupent pas beaucoup. Ce sont plus les façons de faire décalées qui nous intéressent. On recherche une complicité avec le public et donc une certaine chaleur. La tactilité y participe pour beaucoup et on y est spontanément très attentif. C’est comme pour l’humour, on nous répète souvent que ce qu’on fait est drôle mais en réalité c’est notre nature. On a naturellement tendance à produire des blagues visuelles. L’humour aussi, ce n’est drôle que si ça se partage.
On connaît surtout vos réalisations pour la scène musicale belge, des groupes comme Soldout ou le label JauneOrange. Sont-ils simplement des clients ou êtes-vous plus impliqués dans ce milieu ?
C’est surtout Damien qui en est littéralement issu puisqu’il faisait partie intégrante du collectif de musiciens JauneOrange. Aujourd’hui le temps manque pour encore jouer de tous les instruments comme au temps où nous étions étudiants mais on évolue. JauneOrange devient progressivement un label. Et pour Soldout il faut se souvenir que Charlotte, la chanteuse, était aussi étudiante à l’Erg. C’est donc un univers qui nous passionne et puis une pochette reste un des supports les plus intéressant à explorer pour des graphistes.
Ces derniers temps vous réalisez de plus en plus de mise en pages pour un magazine comme “The Word” ou des livres dont un a déjà été distingué au premier concours “les plus beaux livres français”. Pas mal pour des Belges.
On n’est pas à un paradoxe près. Il suffisait d’un ancrage en France au livre pour qu’il soit accepté et il s’agissait du catalogue d’une exposition d’architecture belge au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Ce catalogue est un peu particulier puisqu’il ne se présente pas comme tel, la collection n’en était pas vraiment une et l’expo non plus d’ailleurs. On a travaillé sur ces contradictions apparentes. Au-delà de sa répartition en 3 parties, le corps du livre repose sur une photographie générique qui en constitue le sommaire visuel. Puis, c’est une suite de reprises photographiques de cette première photo qui ponctue la présence de chaque bureau d’architectes.
Comme beaucoup de graphistes on rêvait de faire notre propre magazine. La collaboration au magazine “The Word” dont on assure la direction artistique de manière collective nous permet d’en comprendre toute la complexité. C’est très stimulant de pouvoir apporter des idées de contenus ou de collaborations artistiques. Cet aspect multi-facettes nous correspond bien. C’est un prolongement de notre présence sur les réseaux sociaux d’internet sur lesquels on est très actifs et où on diffuse nos travaux plus personnels.
Comment envisagez-vous votre avenir ? Rêvez-vous d’une commande particulière ?
On ne prends pas le temps de se poser ces questions, on prend les choses comme elles viennent. Comme on le disait, ce qui nous intéresse ce sont les rencontres et les échanges. Et, en ce qui nous concerne, nous ne les sollicitons pas, elles se font, comme notre travail, très spontanément. On poursuit notre recherche de plaisir partagé… please, let me design.
This entry was posted on Wednesday, January 28th, 2009 at 02:37 and is filed under pleaseletmedesign. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.